Comprendre la nouvelle alliance (2/4)

Traduit de James Scott Trimm

L’un des sujets les plus mal compris dans le christianisme et même dans le judaïsme messianique est celui de la « nouvelle alliance ». Beaucoup de membres du judaïsme messianique appellent les livres du soi-disant « Nouveau Testament » « Brit Chadashah » (Nouvelle Alliance), ce qui contribue à cette erreur.

La compilation des livres écrits par les émissaires de Yeshoua a été appelée « Nouveau Testament » par les chrétiens, mais cette collection de livres n’est en aucun cas ce que les Écritures appellent la « Nouvelle Alliance » (« Testament » et « Alliance » sont le même mot dans les langues bibliques). Non seulement cela empêche de comprendre réellement ce qu’est la « Nouvelle Alliance » dans les Écritures, mais cela s’inscrit dans une théologie qui identifie le Tanakh à l’« Ancien Testament » ou à l’« Ancienne Alliance », reléguant ainsi le Tanakh à l’insignifiance. Un meilleur nom pour la compilation de livres connue sous le nom de « Nouveau Testament » est « Ketouvim Netzarim » (Écrits des Nazaréens).

Qu’est-ce que la « nouvelle alliance » et comment était-elle comprise par les premiers disciples juifs de Yeshoua, le Messie juif du judaïsme ? Pour répondre à cette question, nous devons examiner 4 sources d’information:


1. Qu’est-il dit de la « nouvelle alliance » dans le Tanakh ?
2. Que dit-on de la « nouvelle alliance » dans les Ketouvim Netzarim ?
3. Comment les Esséniens comprenaient-ils la « nouvelle alliance » dans les manuscrits de la mer Morte ?
4. Comment les commentateurs rabbiniques comprennent-ils la nouvelle alliance ?

Dans l’article précédent, nous avons vu ce que le Tanakh avait à dire sur la « nouvelle alliance ».

Cette fois, nous nous intéresserons à ce qu’en disent les Ketouvim Netzarim.

Ce que disent les Ketouvim Netzarim (les Écrits Nazaréens) sur la nouvelle alliance (partie 2)


Les références à la nouvelle alliance dans les Ketouvim Netzarim se répartissent en trois catégories : Le dernier repas (Mt. 26:28 ; Mc. 14:24 ; Luc 22:20 et 1Cor. 11:25) ; 2Cor. 3:6 ; et Hébreux (7:22 ; 8:8, 13 ; 9:15-20 ; 12:24).

Dans les récits de la soi-disante « cène » (Matthieu 26:28 ; Marc 14:24 ; Luc 22:20 et 1Cor. 11:25), Yeshoua prend la coupe de vin et l’identifie à « mon sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour la rémission des péchés ». (Matthieu 26:28).

La cène était en fait un sédèr de Pessah, où Yeshoua identifie son sang à la « coupe de délivrance », au sang de l’agneau de Pessah et au Yayin HaMeshoumar (« le vin gardé »).

Bien entendu, le sang de Yeshoua était le sang de l’agneau immolé depuis le fondement de la terre (Apocalypse 13:8). En tant que tels, les sacrifices d’animaux ont toujours été symboliques, pointant vers la mort du Messie. C’est ainsi que le sang de Yeshoua était le véritable sang de l’alliance de la Torah ainsi que le sang de l’alliance renouvelée.

En 2 Corinthiens 3:4-18, Paul déclare que le Messie « a fait de nous des serviteurs de la nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l’esprit ». Paul souligne la nature spirituelle du renouvellement de la Torah, probablement pour l’opposer à l’engagement essénien de la « nouvelle alliance », qui incluait les « œuvres de la loi », un ensemble de règles de pureté au sujet desquelles les Esséniens estimaient que les Pharisiens et les Sadducéens étaient trop laxistes, et par lesquelles ils croyaient pouvoir purifier leur chemin afin d’obtenir le salut.

Enfin, la nouvelle alliance est l’un des principaux thèmes du livre des Hébreux (7:22 ; 8:8, 13 ; 9:15-20 ; 12:24). L’épître aux Hébreux traite de la signification profonde du service de Yom Kippour, la mort de Yeshoua étant l’offrande sacrificielle de la nouvelle alliance symbolisée par le service de Yom Kippour.

Conclusion : Dans l’ensemble des Ketouvim Netzarim, la nouvelle alliance ne se réfère jamais à l’ensemble des livres formant les Ketouvim Netzarim.

Dans le prochain article, nous verrons comment les Esséniens comprenaient la nouvelle alliance.