Comprendre la nouvelle alliance (4/4)

Traduit de James Scott Trimm

L’un des sujets les plus mal compris dans le christianisme et même dans le judaïsme messianique est celui de la « nouvelle alliance ». Beaucoup de membres du judaïsme messianique appellent les livres du soi-disant « Nouveau Testament » « Brit Chadashah » (Nouvelle Alliance), ce qui contribue à cette erreur.

La compilation des livres écrits par les émissaires de Yeshoua a été appelée « Nouveau Testament » par les chrétiens, mais cette collection de livres n’est en aucun cas ce que les Écritures appellent la « Nouvelle Alliance » (« Testament » et « Alliance » sont le même mot dans les langues bibliques). Non seulement cela empêche de comprendre réellement ce qu’est la « Nouvelle Alliance » dans les Écritures, mais cela s’inscrit dans une théologie qui identifie le Tanakh à l’« Ancien Testament » ou à l’« Ancienne Alliance », reléguant ainsi le Tanakh à l’insignifiance. Un meilleur nom pour la compilation de livres connue sous le nom de « Nouveau Testament » est « Ketouvim Netzarim » (Écrits des Nazaréens).

Qu’est-ce que la « nouvelle alliance » et comment était-elle comprise par les premiers disciples juifs de Yeshoua, le Messie juif du judaïsme ? Pour répondre à cette question, nous devons examiner 4 sources d’information:


1. Qu’est-il dit de la « nouvelle alliance » dans le Tanakh ?
2. Que dit-on de la « nouvelle alliance » dans les Ketouvim Netzarim ?
3. Comment les Esséniens comprenaient-ils la « nouvelle alliance » dans les manuscrits de la mer Morte ?
4. Comment les commentateurs rabbiniques comprennent-ils la nouvelle alliance ?

Comment les commentateurs rabbiniques comprennent la nouvelle alliance (partie 4)

La littérature rabbinique ancienne parle très peu de la « nouvelle alliance ». Le Targoum de Jérémie 31:30 (31:31) n’est qu’un rendu littéral araméen de l’hébreu. Le Talmud, le Midrash Rabbah et le Zohar ne mentionnent pas la « nouvelle alliance ». Toutefois, les commentateurs juifs classiques nous livrent quelques réflexions très intéressantes.

Parlant de l’alliance à Moab (Deut. 28:69 (29:1)), Rashi écrit à propos des mots « en plus de l’alliance » qu’ils font référence aux « malédictions du Lévitique (26:14-39), qui ont été proclamées sur le Sinaï ». Cela nous rappelle le contraste établi par Paul entre la « lettre de la Torah » et « l’esprit de la Torah » en relation avec la « nouvelle alliance » (2Cor. 3:4-18).

RAMBAN (dans son commentaire du Deutéronome 30:6) fait un commentaire très perspicace. Un commentaire qui aurait presque pu être écrit par un nazaréen :

Et YHWH ton Elohim circoncira ton cœur (Deutéronome 30:6) C’est ce que les rabbins ont dit : « Si quelqu’un vient se purifier, on l’assiste » [d’en haut]. Le verset vous assure que vous reviendrez à Lui de tout votre cœur et qu’Il vous aidera.

Le sujet suivant est très évident dans les Écritures : Depuis la création, l’homme a le pouvoir de faire ce qu’il veut, d’être juste ou méchant. Ce [libre arbitre] s’applique également à toute la période de la Torah, afin que les gens puissent acquérir des mérites en choisissant le bien et des punitions en préférant le mal. Mais aux jours du Messie, le choix de leur bien [authentique] sera naturel ; le cœur ne désirera pas l’impropre et il n’en aura aucune envie. Telle est la « circoncision » dont il est question ici, car la convoitise et le désir sont le « prépuce » du cœur, et la circoncision du cœur signifie qu’il ne convoitera pas et ne désirera pas le mal.

L’homme redeviendra alors ce qu’il était avant le péché d’Adam, lorsque, par nature, il faisait ce qu’il fallait faire, et qu’il n’y avait pas de désirs contradictoires dans sa volonté, comme je l’ai expliqué dans le Seder Bereshit ( Gen. 2:9).

C’est ce que l’Écriture déclare dans [le livre de] Jérémie 31:30 : « Voici venir des jours, dit YHWH, où je conclurai une nouvelle alliance avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda, non pas selon l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères… etc. Voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là, dit l’Éternel : je mettrai ma loi au dedans d’eux, et je l’écrirai dans leur cœur.

Il s’agit d’une référence à l’annulation du mauvais instinct (yetzer ra) et à l’accomplissement naturel par le cœur de sa fonction propre. Ils n’enseigneront plus à chacun son prochain et à chacun son frère en disant : « Connaissez YHWH, car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand ».

Or, on sait que l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse et qu’il est nécessaire de l’instruire, mais à ce moment-là, il ne sera plus nécessaire de l’instruire [pour éviter le mal] car son mauvais instinct (yetzer ra) sera alors complètement aboli. C’est ce que déclare Ezéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, et je vous ferai marcher selon mes lois ». « (Ezéchiel 36:26)

Le cœur nouveau fait allusion à la nature de l’homme, et l’esprit [nouveau] au désir et à la volonté. C’est ce que nos rabbins ont dit : « Les années approchent, et vous direz : Je n’y prends pas plaisir ; ce sont les jours du Messie, car ils n’offriront d’occasions ni de mérites ni de profits : En effet, aux jours du Messie, il n’y aura pas de désir [mauvais] chez l’homme, mais il accomplira naturellement les actes appropriés et, par conséquent, il n’y aura ni mérite ni culpabilité, car le mérite et la culpabilité dépendent du désir.

Ici, RAMBAN associe la Nouvelle Alliance aux « jours du Messie » et à un processus de dépassement du Yetzer Ra (mauvais penchant) et à un retour de l’homme à « ce qu’il était avant le péché d’Adam ». Cela correspond bien à la déclaration de Yeshoua concernant le vin qui représente le sang de la « nouvelle alliance » :

Mais je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père. (Matthieu 26:29)

Ce processus ne sera pas achevé avant le retour du Messie et l’accomplissement des paroles de Jérémie concernant la nouvelle alliance :

On n’enseignera plus à chacun son prochain et à chacun son frère, en disant : Connaissez YHWH ; car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit YHWH… (Jér. 31:33(34)).

Et comme le conclut RAMBAN :

il n’y aura pas de [mauvais] désir chez l’homme, mais il accomplira naturellement les actes appropriés et, par conséquent, il n’y aura ni mérite ni culpabilité, car le mérite et la culpabilité dépendent du désir ».

Conclusion

La soi-disante « nouvelle alliance » n’est pas constituée des livres connus sous le nom de « Nouveau Testament » (qu’il vaudrait mieux appeler Ketouvim Netzarim, les écrits des nazaréens) et n’est pas non plus une toute nouvelle alliance chrétienne. La nouvelle alliance est en fait une « alliance renouvelée » identifiable à l’alliance de Moab. À l’époque du Second Temple, les Esséniens avaient une cérémonie rappelant celle de Yom Kippour, au cours de laquelle ils affirmaient leur engagement renouvelé à l’égard de la Torah de YHWH. Yeshoua nous a enseigné que son sang, symbolisé par le vin de la Pâque (et le sang de l’agneau de la Pâque) était le sang de cette alliance renouvelée. Nous pouvons être initiés à cette alliance dans le présent, mais il s’agit d’un processus qui s’achèvera au retour du Messie, lorsqu’il boira la coupe avec nous dans le Royaume messianique.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.