Traduit de James Scott Trimm

Matthieu 9:14-17 est un passage très mal compris.
Je m’en prendrai ici au Jewish New Testament Commentary de David Stern sur Mat. 9:16 et 9:17.
Sur ce point, David Stern a tout faux !
Son identification du « vieux manteau » au « judaïsme » et du « tissu non rétréci » à la « foi messianique » n’a absolument aucun fondement dans le texte. Il s’agit simplement d’un écho de l’eiségèse extrêmement inexacte faite par les chrétiens adeptes de la théologie du remplacement.
Il en va de même pour son identification
« vin nouveau » = « foi messianique » et
« vieilles outres » = « judaïsme traditionnel » au verset 17.
Stern a fait de son mieux pour adapter l’eiségèse des commentateurs chrétiens de la théologie du remplacement à sa théologie (et cela ne fonctionne pas).
C’est inutile. Le texte ici n’a rien à voir avec cette eiségèse.
Appliquons la septième règle d’Hillel et lisons le texte dans son contexte :
Les talmidim de Yochanan vinrent à lui en disant,
Pourquoi les pharisiens et nous-mêmes jeûnons souvent, alors que tes talmidim ne jeûnent pas ?
(9:14)
Voilà qui établit le sujet. Le sujet n’est pas le judaïsme contre la foi messianique,
ou le judaïsme contre le christianisme. Le sujet est de savoir pourquoi les talmidim de Yeshoua ne jeûnent pas.
Et Yeshoua leur dit :
Les enfants de la chambre nuptiale peuvent-ils se lamenter,
tant que l’époux est avec eux ?
Mais les jours viendront où l’époux leur sera enlevé,
et alors ils jeûneront.
Personne ne met une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement,
car ce qu’on y met pour le remplir enlève de la valeur au vêtement,
et la déchirure s’aggrave.
On ne met pas non plus de vin nouveau dans de vieilles outres ;
sinon les outres éclatent, et le vin s’écoule,
et les outres périssent.
mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et les deux se conservent.
Remarquez le parallélisme poétique.
Remarquez qu’il y a trois séries de lignes et que chacune commence par un
par une déclaration parallèle :
Les enfants de la chambre nuptiale peuvent-ils se lamenter,
tant que l’époux est avec eux ?…
Personne ne met une pièce d’étoffe neuve sur un vieil habit,…
On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres…
Yeshoua répond à la question qui lui a été posée : « Pourquoi tes talmidim ne jeûnent-ils pas ? ».
Il répond qu’ils ne le font pas parce que l’époux est encore avec eux, mais qu’ils jeûneront plus tard quand il sera parti.
Yeshoua ne dit pas que le jeûne (une observance de la Torah) a été aboli, au contraire il indique qu’il sera temps de jeûner quand il sera parti.
Il donne ensuite deux illustrations de choses qui sont inappropriées mais qui deviennent appropriées plus tard.
L’identification est donc la suivante :
vêtement neuf = vin nouveau = jeûne
vieux vêtement = vieille outre = le Messie présent avec nous
L’identification du Messie à une outre est également conforme à une allégorie similaire trouvée dans la Mishna (m.Avot 4:20) dans laquelle un enseignant de la Torah est comparé à une outre :
…Celui qui apprend des enfants – à quoi ressemble-t-il ?
à celui qui mange des raisins aigres et boit du vin nouveau.
Et celui qui apprend des vieillards, à quoi ressemble-t-il ?
à celui qui mange des raisins mûrs et boit du vin vieux.
On peut avoir une outre neuve pleine de vin vieux,
et une vieille outre qui ne contient même pas de vin nouveau.
Or, Yeshoua affirmait que son enseignement était plus ancien que lui-même (Jean 7:16). Cela rejoint la comparaison traditionnelle d’un enseignant à une outre et de son enseignement à du vin. L’enseignement de Yeshoua était ici avec nous pendant qu’il était ici et ce n’était donc pas le moment de jeûner, mais de boire le vin et de se réjouir.
En fait, l’enseignement de Yeshoua indique que ses talmidim jeûneront (une observance de la loi juive) après son départ.
Nous vous encourageons à visiter le site (anglophone) de James Scott Trimm et à le soutenir dans son ministère.