Lève-toi, tue et mange : comprendre la vision de Kefa

Traduit de James Scott Trimm

La vision de Kefa dans Actes 10 est souvent citée pour « prouver » que les lois concernant les animaux qui sont casher et peuvent être consommés comme nourriture ont été abrogées. Cependant, ce n’est pas la véritable compréhension de cette vision.

Dans Actes 10, nous lisons

10 Et il eut faim et voulut manger ; et pendant qu’on lui préparait à manger, un étonnement le saisit.
11 Et il vit le ciel ouvert, et une espèce de vêtement tenu par quatre coins, et qui était semblable à une grande toile de lin, et qui descendait du ciel sur la terre :
12 Et il y avait dedans tous les quadrupèdes, et les reptiles de la terre, et les oiseaux du ciel.
13 Et une voix lui parvint qui disait : Shim’on, lève-toi : tue et mange.
14 Et Shim’on dit : Jamais, mon Adon, car je n’ai jamais mangé de ce qui est souillé et impur.
15 Et une seconde fois, une voix lui parvint : Ce qu’Eloah a purifié, ne le regarde pas comme souillé.
16 Or cela arriva trois fois, et le vêtement fut enlevé au ciel.
17 Et comme Shim’on se demandait dans sa nefesh ce qu’était la vision qu’il avait eue, les hommes envoyés par Corneille arrivèrent et s’informèrent pour connaître la maison dans laquelle Shim’on logeait ; ils vinrent et se tinrent à la porte de la cour.
(Actes 10:10-17 HRV)

La signification de cette vision est révélée dans le chapitre suivant :

5 Pendant que je priais à Yafo, je vis en vision un vêtement qui ressemblait à une toile de lin qui descendait. Il était tenu par quatre coins, et il descendait du ciel, et venait jusqu’à moi.
6 Et je le regardai, et je vis qu’il y avait dedans des quadrupèdes, et des reptiles de la terre, et aussi des oiseaux du ciel.
7 Et j’entendis une voix qui me disait : Shim’on, lève-toi : tue et mange.
8 Et je dis : Jamais, mon Adon ; car il n’est pas entré dans ma bouche ce qui est impur et souillé.
9 Et de nouveau une voix me dit du ciel : Ce qu’Eloah a purifié, ne le considère pas comme souillé.
10 Cela arriva trois fois, et toutes ces choses furent enlevées au ciel.
11 Et aussitôt, trois hommes, qui m’avaient été envoyés par Corneille de Césarée, vinrent et se tinrent à la porte de la cour, dans laquelle je logeais.
12 Et l’Esprit me dit : Va avec eux sans hésiter. Ces six frères vinrent aussi avec moi, et nous entrâmes dans la maison de cet homme.
(Actes 11:5-12 HRV)

Dans Actes 10:12 les types d’animaux sont décrits comme suit :

Et il y avait dans la maison tous les animaux à quatre pattes,
et les reptiles de la terre,
et les oiseaux du ciel.
(Actes 10:12)

Cette description ne précise pas que les animaux sont des animaux impurs. Certains quadrupèdes (les vaches, par exemple) sont casher, tandis que d’autres (les porcs, par exemple) ne le sont pas. Certains oiseaux sont casher, d’autres non. Cette collection d’animaux ne semble pas avoir de lien avec la casherout.

Dans Actes 11, 5-12, on nous dit que ces animaux représentent les trois païens qui sont venus voir Kefa. Cette vision s’inspire probablement de la soi-disante « Apocalypse des animaux » dans 1Enoch 85-90, dans laquelle de tels animaux sont utilisés pour représenter diverses nations païennes.

Dans Actes 10:13, Kefa entend une voix qui dit « lève-toi, tue et mange » (il ne nous est pas dit que cette voix était celle d’Elohim). Kefa n’a pas reçu l’ordre de se lever, de tuer et de manger les animaux mentionnés au verset 12. Tout d’abord, ils n’étaient pas réels, ce n’était qu’une vision. Deuxièmement, nous savons d’après Actes 11:5-12 que les animaux représentaient les Gentils. On ne demandait pas à Kefa de tuer et de manger les païens !

Au contraire, Kefa a reçu l’instruction d’accueillir ces Gentils comme des invités en suivant la coutume de se lever, de tuer un animal et de manger avec eux comme des invités d’honneur (voir par exemple Gen. 18:1-8 quand Avraham a accueilli trois hommes comme des invités). Dans cette vision, il était dit à Kefa d’accueillir ces trois gentils avec hospitalité, tout comme Avraham avait accueilli ses trois invités dans Genèse 18.

La vision de Kefa dans Actes 10 n’a absolument rien à voir avec les lois alimentaires de la Torah, qui sont valables pour toutes les générations, pour toujours.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.

La Torah, sans force et charnelle ?

Traduit de James Scott Trimm

Lorsque l’on parle de la vérité de la Torah avec des chrétiens, ils citent souvent Romains 8:1-3 qui dit :

1 Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. 2 En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. 3 Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force,-Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché
(Romains 8:1-3 LSG)

Maintenant, la clé pour comprendre ces versets est le contexte. Nous devons d’abord prendre en compte Romains 7:14 :

Car nous savons que la Torah est de l’Esprit :
mais moi, je suis de la chair, et je suis vendu au péché.
(Rom. 7:14 HRV)

Ce verset est la clé de compréhension de l’ensemble de Romains 7-8. Dans Romains 7-8, Paul oppose la Torah à ce qu’il appelle « la loi du péché ».

Romains 8:4-5 continue :

4 Afin que la justice de la Torah soit accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit.
5 Car ceux qui sont dans la chair pensent selon la chair, et ceux qui sont de l’Esprit pensent selon l’Esprit.
(Romains 8:4-5 HRV)

Et puis au verset 9 nous lisons :

Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si vraiment l’Esprit d’Eloah habite en vous. Mais si un homme n’a pas en lui l’Esprit du Messie, celui-ci n’est pas à lui.
(Romains 8:9 HRV)

Maintenant, lorsque nous rapprochons ces versets, nous voyons que Paul décrit dans ces versets deux « lois » qui se battent pour le contrôler. La Torah, qui est de l’esprit, et ce qu’il appelle « la loi du péché » (Rom. 8:2) qui est de la chair, et qui n’est PAS la Torah.

Lorsque Romains 8:2 se réfère à être libéré de « la loi du péché et de la mort » dans le contexte, il parle de cette « loi du péché » qui est de la chair et que Paul contraste avec la Torah réelle qui est « de l’esprit » (Rom. 7:14). La Torah est donc ce que Romains 8:2 appelle dans la LSG « la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ ».

La « loi » que Paul dit être « rendue sans force par la chair » dans Rom. 8:3 dans le contexte n’est pas la Torah réelle, qui est de l’Esprit (Rom. 7:14) mais la « loi du péché » qui est de la chair.

Il devient clair lorsque nous comparons Rom. 7:14 avec Rom. 8:4-5, 9 que la « Torah » est « de l’esprit », mais ce que Paul appelle « la loi du péché » est de la chair. La « loi du péché » n’est PAS la Torah.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.

La Torah, trop dure à respecter ?

Traduit de James Scott Trimm

Un enseignement populaire dans l’église est qu’Elohim aurait seulement donné la Torah à Israël pour prouver qu’ils ne pouvaient pas la garder. Par exemple, un livre déclare :

…Israël, dans son aveuglement, son orgueil et sa propre justice, a présumé demander la loi et Dieu a accédé à sa demande, pour lui montrer qu’il ne pouvait pas garder sa loi…
(God’s Plan of the Ages ; Louis T. Tallbot ; 1970 ; p. 66)

Réfléchissons un instant à cela. Elohim donne la Torah à Israël. Il dit qu’il placera des malédictions sur Israël s’ils ne gardent pas la Torah (Lev. 26 & Deut. 28-29). Il envoie des prophètes pour avertir Israël d’une destruction imminente en raison de leur incapacité continuelle à respecter la Torah. Finalement, Il permet à Babylone d’envahir Jérusalem et aux Juifs d’être emmenés en captivité, parce qu’ils n’ont pas respecté la Torah. Puis il dit : « Non, je ne faisais que vous tromper. Je vous ai juste donné la Torah pour prouver que vous ne pouviez pas l’observer. » Quel genre de Dieu serait-ce ? Bien sûr, en tant que nobles béréens, nous pouvons simplement regarder dans le Tanakh pour voir si cet enseignement populaire est vrai. Voyons ce que le Tanakh dit sur cette question :

10 Si tu écoutes la voix de YHWH ton Elohim, pour garder Ses commandements et Ses statuts, qui sont écrits dans ce livre de la Torah, si tu te tournes vers YHWH ton Elohim de tout ton cœur et de toute ton âme.
11 Car ce commandement que je te prescris aujourd’hui, il n’est pas trop dur pour toi, ni trop éloigné.
12 Il n’est pas dans le ciel, pour que vous disiez : Qui montera pour nous au ciel, et nous l’apportera, et nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?
13 Elle n’est pas non plus au-delà de la mer, pour que vous disiez : Qui traversera la mer pour nous, et nous l’apportera, et nous la fera entendre, pour que nous la mettions en pratique ?
14 Mais la parole est tout près de vous, dans votre bouche et dans votre cœur, pour que vous la mettiez en pratique.
(Deut. 30:10-14 HRV)

Le mot hébreu pour « trop dur » dans Deut. 30:11 est נִפְלֵ֥את qui signifie « difficile, dur, extraordinaire ». Louis Segond traduit « n’est certainement point au-dessus de tes forces » . La Semeur traduit « n’est certainement pas trop difficile pour vous »


Le faisabilité de la Torah est confirmée également dans le Nouveau Testament qui nous dit que Yeshoua a été tenté en toutes choses comme nous le sommes et qu’il a gardé la Torah (Héb. 4:15).

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.

Mauvaises, les œuvres de la loi ?

Traduit de James Scott Trimm

Souvent, lorsque je partage à des chrétiens que la Torah est éternelle, pour toutes les générations, ils répondent en disant, « Mais nous ne sommes pas sauvés par les « œuvres de la loi. »

L’expression « œuvres de la loi » n’apparaît que neuf fois dans le Nouveau Testament et seulement dans les écrits de Paul :

Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché.
(Rom. 3:20 LSG)

Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi.
(Rom. 3:28 LSG)

Pourquoi? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement,
(Rom. 9:32 LSG)

Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.
(Gal. 2:16 LSG)

Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi?
(Gal. 3:2 KJV)

Celui qui vous accorde l’Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi?
(Gal. 3:5 LSG)

Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction; car il est écrit: Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique.
(Gal. 3:10 LSG)

(Dans Gal. 3:10 l’araméen a « œuvres à cause de la loi » plutôt que « œuvres de la loi »).

Cette expression, « œuvres de la loi », est mieux comprise à travers son utilisation dans Gal. 2:16. Paul écrit ici :

Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi.
(Gal. 2:16 LSG)

Si nous examinons attentivement ce passage, nous pouvons voir que Paul utilise cette phrase pour décrire une fausse méthode de justification qui est diamétralement opposée à la « foi au Messie ». Pour Paul, les « œuvres de la loi » ne sont pas un système obsolète de l’Ancien Testament, mais une hérésie qui n’a jamais été valide.

L’expression « œuvres de la Torah » apparaît comme un terme technique théologique utilisé dans un document des manuscrits de la Mer Morte appelé 4QMMT qui dit :

Maintenant, nous vous avons écrit quelques-unes des
œuvres de la loi, celles que nous avons déterminées
seraient bénéfiques pour vous…
Et cela vous sera compté comme justice,
en ce que vous avez fait ce qui est juste et bon devant Lui…
(4QMMT (4Q394-399) Section C lignes 26b-31)

Et il s’agit d’un étonnant parallèle littéraire inverse à Gal. 2:16 ; 3:6 :

Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi….. Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice (Gal. 2:16 ; 3:6)


Cette doctrine hérétique exposée dans le manuscrit 4QMMT se base sur vingt-quatre règles de pureté au sujet desquelles les Esséniens avaient une halacha (loi orale) plus stricte que leurs homologues pharisiens, et dont ils croyaient qu’elles leur seraient comptées comme justice. Apparemment, l’adversaire de Paul prend le terme « justice » dans ce passage du 4QMMT pour signifier « salut ».

Paul soutient cependant que c’est la foi dans le Messie et non ces « œuvres de la loi » par lesquelles nous sommes sauvés :

Lorsque Paul s’exprime contre les « œuvres de la loi », c’est comme un prédicateur baptiste qui s’exprimerait contre les « saints des derniers jours », il n’utilise pas les mots selon leur sens littéral, il n’a rien contre les « saints » qui vivent dans les « derniers jours », il utilise le terme technique théologique des mormons pour se référer à leur théologie.

Il ne fait aucun doute que Paul considère les « œuvres de la loi » comme catégoriquement mauvaises, pourtant Paul appelle la Torah elle-même « sainte, juste et bonne » (Rom. 7:12), certainement Paul n’utilise pas ces phrases pour se référer à la Torah elle-même comme obsolète, mais à une hérésie, une fausse théologie qui n’a jamais été valide.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.