Les Nazaréens et la loi orale (6)

Vers la partie 5

Il nous est conservé cinq fragments d’un ancien Commentaire nazaréen sur Esaïe dans lequel l’écrivain nazaréen du quatrième siècle indique clairement que les nazaréens du quatrième siècle ne « suivaient pas la Halakha rabbinique pharisienne. » Ce qui suit est tiré du commentaire nazaréen sur Ésaïe 8:14 :

« Et il sera pour un sanctuaire, mais pour une pierre d’achoppement et un rocher de scandale pour les deux maisons d’Israël¦ ».

Les nazaréens voient les deux maisons comme les deux maisons de Shammaï et Hillel, d’où sont issus les scribes et les pharisiens. [Les pharisiens] ont dispersé et souillé les préceptes de la Torah par des traditions et la mishna. Et ces deux maisons n’ont pas accepté le Sauveur.

Le commentaire nazaréen sur Ésaïe 8:20-21 dit :

Les Scribes et les Pharisiens vous disent de les écouter.

Répondez-leur ainsi :

« Il n’y a rien d’étrange à ce que vous suiviez vos traditions, puisque chaque tribu

consulte ses propres idoles. Nous ne devons donc pas consulter vos

[sages] morts au sujet de celui qui est vivant. »

Il est donc clair que les Nazaréens originels ne « suivaient pas la Halakha rabbinique pharisienne ».

Revenons au sujet de la loi orale en général. Dans les Actes 23:6, Paul déclare : « Je suis pharisien ». Les pharisiens croyaient aux traditions transmises par leurs ancêtres. Comme l’écrit Josèphe :

…les Pharisiens ont transmis au peuple un grand nombre

d’observances par succession de leurs pères,

qui ne sont pas écrites dans la loi de Moïse ; …

(Josèphe ; Ant. 13:10:6)

Concernant son passé de pharisien, Paul dit :

Et j’ai progressé dans le judaïsme au-delà de beaucoup de mes contemporains dans ma propre nation, étant plus zélé pour la tradition de mes pères.

(Gal. 1:14)

Remarquez que dans Actes 28:17 Paul insiste :

Je n’ai rien fait contre notre peuple ou les coutumes de nos pères.

(Actes 28:17)

Paul écrit aux Thessaloniciens au sujet de ces « traditions » :

« C’est pourquoi, frères, tenez bon et conservez les traditions qui vous ont été enseignées…

retirez-vous de tout frère qui marche dans le désordre et non selon les traditions qu’il a reçues de nous. »

(2Thés. 2:15 ; 3:6)

Paul a même fait usage de ces « traditions » orales dans ses écrits. Paul dit « …ils ont bu au rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Messie. » (1Cor. 10:4). La Torah rapporte plus d’une occasion où Moshé (Moïse) a fait jaillir de l’eau d’un rocher (Ex. 16:4-35 ; 17:1-9 ; Nom. 20:1-13 ; 16-20). Selon la tradition rabbinique, le rocher les a en fait suivis. Le Talmud dit que c’était « un puits mobile » (b.Shabbat 35a) et l’appelle « le puits de Myriam » (b.Ta’anit 9a). Rachi commente b.Ta’anit 9a en disant que le rocher « a roulé et est parti avec Israël, et c’est le rocher que Moshé a frappé ». La tradition du rocher en mouvement connu sous le nom de « puits de Miriam » se retrouve également dans B’midbar Parashat Choukkat. La déclaration de Paul selon laquelle le rocher « les suivait » témoigne du fait qu’il acceptait cette tradition orale comme étant factuelle.

L’écrivain nazaréen du deuxième siècle, Gish’fa (Heggissipe), a utilisé dans ses écrits ces traditions orales. Eusèbe parle de lui :

Et il cite quelques passages de l’Évangile selon les Hébreux et du Syriaque, et quelques détails de la langue hébraïque, montrant qu’il était … des Hébreux, et il mentionne d’autres sujets comme étant tirés de la tradition orale des Juifs ».

(Eccl. Hist. 4:22)

Vers la partie 7

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.