L’armure complète d’Elohim (première partie)

Traduit de James Scott Trimm

Dans le texte hébreu du 1er livre des Maccabées, il y a six versets supplémentaires incorporés au milieu de 1 Maccabée 7:33 (plus exactement du texte additionnel qui se décompose naturellement en six versets), dont trois versets parallèles à 2 Maccabées 15:1-3. Le sixième de ces versets, qui parle de l’armure complète en se référant aux Juifs de la Jérusalem occupée par Nicanor, est particulièrement intéressant :

Et ils revêtirent l’armure complète,
et non pas la cotte de mailles et les lances
mais plutôt des prières et des supplications.
(1Macc. 7:33a6 HRV)

Nous vivons dans une culture hellénistique (basée sur le grec). Cette culture a malheureusement coloré notre compréhension des Écritures, souvent d’une manière dont nous ne nous rendons pas compte. La culture hellénistique romaine a eu un impact majeur sur la nôtre. Les commentaires sur les Écritures que nous lisons sont trop souvent influencés par les vues de la culture hellénistique et romaine. De nombreux ouvrages présentent même Paul comme un helléniste (il était en fait un anti-helléniste). C’est le cas des commentaires sur « l’armure complète d’Elohim » (Eph. 6). De nombreux commentaires vous diront que Paul a écrit les Éphésiens en prison et qu’il a été très impressionné par l’armure des soldats romains. Les commentaires discuteront ensuite de chaque élément de l’armure en termes d’armure romaine et chercheront à tirer des implications allégoriques des nuances de l’armure romaine. Il y a un seul problème à cela. Paul ne parle pas du tout d’une armure romaine, il parle d’une armure hébraïque ancienne ! En fait, Paul n’a pas inventé l’armure complète d’Elohim, il la tire des livres apocryphes « Sagesse de Salomon » et du 4e livre des Maccabées, et dans une moindre mesure du livre canonique d’Isaïe.

Paul mentionne l’armure complète à trois endroits.

L’armure de lumière

En Romains 13:12, il l’appelle « l’armure de lumière » :

12 Désormais, la nuit est passée et le jour est proche.
Déposons donc loin de nous les œuvres des ténèbres
et revêtons l’armure de la lumière.
13 Et marchons comme en plein jour,
ni dans les réjouissances, ni dans l’ivrognerie
ni dans un lit souillé, ni dans l’envie et les querelles.
(Rom. 13:12-13 HRV)

Dans 1Thés. 5:5-9, il associe à nouveau l’armure à la « lumière » et à notre statut de « fils de la lumière » :

5 Car vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour.
Et vous n’êtes pas
fils de la nuit ou fils des ténèbres.
6 C’est pourquoi, ne dormons pas comme les autres.
mais soyons vigilants et sages,
7 car ceux qui dorment dorment dans la nuit,
et ceux qui s’enivrent s’enivrent pendant la nuit.
8 Mais nous, qui sommes des fils du jour, nous devons
être vigilants dans notre esprit et
nous revêtir de la cuirasse de la foi et de l’amour
et nous revêtir du casque de l’espérance de la vie,

(1Thés. 5:5-9)

Tout au long du Nouveau Testament, de nombreuses métaphores tournent autour de la lumière et des ténèbres. Les croyants sont appelés « fils de la lumière » (Lc. 16:8 ; Jn. 12:36 ; Eph. 5:8 ; 1Thés. 5:5 voir les commentaires sur Jn. 12:36). L’armure complète d’Elohim est aussi appelée « armure de lumière » (Rom. 13:12). Le Nouveau Testament parle de ceux « qui marchent dans les ténèbres » (Jn. 8:12 ; 2:35 ; 1Jn. 1:6 ; 2:11).

Mais que signifie cette utilisation idiomatique des termes lumière et ténèbres ? Pour la réponse, tournons-nous vers le Tanakh :

Car le commandement est une lampe ;
et la Torah est une lumière…
(Prov. 6:23)

Ta parole est une lampe à mes pieds,
et une lumière sur mon chemin.
(Psaume 119:105)

A la Torah et au témoignage ;
s’ils ne parlent pas selon cette parole,
c’est qu’il n’y a pas de lumière en eux.
(Isaïe 8:20)

…car une Torah sortira de moi,
et je ferai reposer mon jugement
pour être la lumière du peuple.
(Esaïe 51:4)

Ainsi, selon le Tanakh, la Torah est une lumière pour nos chemins. Ceux qui marchent dans la Torah marchent dans la lumière. C’est pourquoi le Nouveau Testament parle de ceux qui marchent dans les ténèbres (Jn. 8:12 ; 12:35 ; 1Jn. 1:6 ; 2:11). Ce sont ceux qui ne marchent pas à la lumière de la Torah. De ceux-ci Jean écrit :

Et si nous disons que nous sommes en communion avec lui,
et que nous marchons dans les ténèbres,
nous sommes des menteurs et nous ne marchons pas dans la vérité.
(1Jn. 1:6)

Remarquez que Jean assimile la « marche dans la vérité » à la marche dans la lumière. Selon le Tanakh, « la Torah est la vérité » (Ps. 119:142) donc si « marcher dans la lumière » signifie « marcher dans la vérité » alors les deux phrases se réfèrent à la marche dans la Torah.

Lorsque nous, en tant que fils de la lumière, revêtons « l’armure de la lumière », nous revêtons la Torah comme un vêtement !

A suivre.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.

Shabbat et liberté

par Chochana

Lié à la sortie d’Egypte, le shabbat représente un mode de vie nouveau. L’esclavage fait place à la liberté. Pouvoir cesser ses activités, ne pas devoir s’y consacrer sans arrêt. Être libre de pouvoir se tourner vers la Source de vie et boire.

Plutôt que de s’attarder sur tout ce qu’on ne peut PAS faire en ce jour, je voudrais partager avec vous comment je rends ce jour spécial.

La Torah ne précise pas énormément concernant le shabbat, nous laissant la possibilité de le personnaliser. C’est un jour de repos, un jour à sanctifier, mis à part. Et là, nous avons une grande marge de liberté dans le « comment » rendre ce jour différent des autres.

J’ai un savon parfumé que je n’utilise que le jour du shabbat. Une tisane spéciale que je réserve pour ce jour. Quand c’est possible, je décore la table avec des fleurs. Je mets une serviette à table. On ne boit généralement du vin que ce jour-là. J’aime particulièrement la bénédiction d’entrée et de sortie du shabbat, qu’on fait au porto. Je collectionne des témoignages liés à la foi que je partage en famille ce jour-là. Je fais une promenade avec mon fils, qui a droit à une glace. Parfois, on joue une partie de dobble avec les lettres en hébreu.

J’essaie de rendre ce jour délicieux, d’avoir des éléments qui sont absents le restant de la semaine.

Et vous, avez-vous des pratiques personnelles à partager ?

Le mystère du vin de Pessa’h: Le Yayin HaMeshoumar

Traduit et adapté de James Scott Trimm

Le prophète Isaïe écrit :

Depuis les temps anciens, les hommes n’ont pas entendu, ni perçu par l’oreille, ni vu par l’œil

d’Elohim hormis toi, qui fît de telles choses pour ceux qui s’attendent à lui.

(Es. 64:3(4))

Il existe une baraïta sur ce verset qui apparaît deux fois dans le Talmud, une fois dans le Midrash Rabbah et quatre fois dans le Zohar.

Voici la baraïta telle qu’elle apparaît dans le Talmud :

Quelle est la signification de « L’œil n’a pas vu » (Es. 64:3)
Rabbi Joshua ben Levi a dit :
C’est le vin qui a été gardé
dans ses raisins depuis les six jours du commencement.
(b.Berakot 34b ; b.Sanhedrin 99a)

L’expression « vin qui a été gardé » en hébreu est Yayin HaMeshoumar « vin de conservation ». La tradition du Yayin HaMeshoumar est très ancrée dans le judaïsme traditionnel. Il s’agit du vin qui sera servi lors de la fête messianique, lorsque le Messie rétablira le royaume d’Israël sur terre.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul cite également, ou plutôt paraphrase Es. 64:3(4) comme suit :

Mais comme il est écrit :
L’oeil n’a pas vu, et l’oreille n’a pas entendu,
et dans le cœur d’un fils de l’homme n’est pas entré
ce qu’Eloah a préparé pour ceux qui l’aiment.
(1Cor. 2:9 HRV)

Notez que la citation de Paul est influencée par la baraïta, car le texte actuel d’Esaïe dit que « l’œil n’a pas vu … un Elohim à part toi« , mais Paul dit « l’œil n’a pas vu … ce qu’Eloah a préparé pour ceux qui l’aiment ». Et la baraïta dit « L’œil n’a pas vu… le vin qui a été gardé… ».

Maintenant, regardons la citation de Paul dans son contexte :

Mais nous parlons de la sagesse d’Eloah
dans un mystère qui était caché
Et [que] Eloah avait auparavant séparé (prédestiné/préparé)
dès avant les siècles
, pour notre gloire.
Que pas une seule des autorités de ce monde n’a connu,
car si elles l’avaient su,
ils n’auraient pas crucifié l’Adon de gloire.
Mais comme il est écrit :
L’oeil n’a pas vu, et l’oreille n’a pas entendu,
et dans le cœur d’un fils de l’homme n’est pas entré
ce qu’Eloah a préparé pour ceux qui l’aiment.
(1Cor. 2:7-9 HRV)

Quand nous regardons le contexte de Paul, nous voyons une influence encore plus grande de la baraïta du Yayin HaMeshoumar « …un mystère qui était caché et qu’Eloah avait séparé depuis avant les siècles… l’œil n’a pas vu… ce qu’Eloah a préparé pour ceux qui L’aiment ».

Il est clair que Paul doit ici faire référence au Yayin HaMeshoumar car son auditoire est, sans aucun doute, familier avec cette baraita d’Isaïe 64:3(4).

C’est au Yayin HaMeshoumar que Yeshoua fait référence lorsque nous lisons :

Et ensuite il prit la coupe, et bénit,
et leur donna, en disant,
« Buvez-en tous,
car ceci est mon sang de la nouvelle alliance,
qui est versé pour la multitude, afin d’expier les pécheurs,
Et je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne,
jusqu’au jour où je le boirai à nouveau avec vous dans le royaume
de mon Père qui est dans les cieux
. »
(Mt. 26:27-29)

Le Yayin HaMeshoumar est le sang de la nouvelle alliance. Lors du Sédèr de Pessa’h, le vin représente le sang de l’agneau. Dans l’Apocalypse le Messie est l’agneau immolé « avant la fondation du monde » (Ap. 13:8), son sang est le vin conservé dans ses raisins depuis les six jours du commencement.

Dans l’évangile apocryphe de Thomas, ce passage est attribué à Yeshoua :

« Je te donnerai ce qu’aucun œil n’a vu
et ce qu’aucune oreille n’a entendu
et ce qu’aucune main n’a touché
et ce qui n’a jamais effleuré l’esprit de l’homme. »
(Évangile de Thomas 17)

Cette « sagesse » qui est « …dans le mystère qui était caché… dès avant les siècles… qu’Eloah a préparé pour ceux qui l’aiment. » (1Cor. 2:7-9) est aussi la « sagesse » qui « enlève la sagesse des sages » dans 1Cor. 1:19, qui fait référence à Esaïe 29:14 (la sagesse de ses sages périra, Et l’intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra). Dans Esaïe 29, cette sagesse est contenue dans un livre scellé (Es. 29:11-12, 14, 18). Dans l’Apocalypse, ce livre est ouvert par « l’agneau comme immolé » (Ap 5,6), un agneau immolé « avant la fondation du monde ». (Ap. 13:8).

C’est le vin qui sera servi au « souper de noces de l’agneau » (Apoc. 19:7), le grand banquet messianique et le Sédèr de Pessa’h.

Dans 1Corinthiens, Paul évoque le Yayin HaMeshoumar au début de sa lettre car il parlera de ce vin tout au long de sa lettre. Dans 1Cor. 5, il discute du récent Sédèr de Pessa’h à Corinthe. Dans 1Cor. 11:23-34, il aborde la signification de Pessa’h et surtout le fait d’être digne de boire le vin qui est le Yayin HaMeshoumar.

Dans 1Cor. 15:54, il cite Esaïe 25:8, un passage d’Esaïe qui suit immédiatement la description du banquet messianique (v.6-7) :

6 Et sur cette montagne, YHWH des armées fera à tous les peuples un festin de viandes grasses, un festin de vins sur lie, de viandes grasses pleines de moelle, de vins sur lie bien affinés.
7 Et il détruira sur cette montagne la face de la couverture jetée sur tous les peuples, et le voile qui est étendu sur toutes les nations.
8 Il engloutira la mort dans la victoire, et Adonaï YHWH essuiera les larmes de tous les visages, et il ôtera de toute la terre les reproches de son peuple, car YHWH a parlé.

Notez que le Yayin HaMeshoumar est quelque chose que « depuis les temps anciens, les hommes n’ont pas entendu, ni perçu par l’oreille, ni vu par l’œil » (Es. 64:3(4)). Ailleurs dans Esaïe il est écrit :

Ainsi il aspergera de nombreuses nations, les rois fermeront leur bouche
à cause de lui, car ils verront ce qui ne leur avaitdepuis les temps anciens, les hommes n’ont pas entendu, ni perçu par l’oreille, ni vu par l’œil pas été dit
et ils comprendront ce qu’ils n’ont pas entendu
.
(Es. 52:15)

Ainsi, le chant du « serviteur souffrant » d’Isaïe 53 est le message que « l’œil n’a pas vu », c’est le Yayin HaMeshoumar.

Le Midrash Rabbah à Nombres 13:2 (500) dit :

Parce qu’il a porté son âme jusqu’à la mort (Es. 53:12)
et se sont meurtris avec la Torah qui est plus douce que le miel,
le Saint, béni soit-il, leur donnera à boire plus tard
du vin conservé dans ses raisins depuis les six jours dans le commencement….
(Midrash Rabbah à Nombres 13:2 (500))

Ainsi, Paul écrit :

Mais nous parlons de la sagesse d’Eloah
dans un mystère qui était caché
Et [qu’] Eloah avait auparavant séparé
dès avant les siècles pour notre gloire.
Que pas une seule des autorités de ce monde n’a connu,
car si elles l’avaient su,
ils n’auraient pas crucifié l’Adon de gloire.
Mais comme il est écrit :
L’œil n’a pas vu, et l’oreille n’a pas entendu,
et dans le cœur d’un fils de l’homme n’est pas entré
ce qu’Eloah a préparé pour ceux qui l’aiment.
(1Cor. 2:7-9 HRV)

Non seulement le Yayin HaMeshoumar est le sang du Messie, mais il est plus encore. Il est le « mystère » dont le sang du Messie n’est qu’une partie :

Le Zohar dit :

Le Tzadik (le Juste) est le Yesod (fondation) en Yah,
le mystère (SOD) qui est le vin qui a été gardé
dans ses raisins depuis les six jours du commencement.
(Zohar ; Roeh M’haimna sur Pinchas)

Il y a un lien clair ici car SOD (« mystère ») a une guématria (valeur numérique) de 70 qui est aussi la guématria de YAYIN (« vin »). Tout comme le Zohar identifie le « mystère » avec le Yayin HaMeshoumar, Paul fait de même dans 1Corinthiens.

En effet, Paul poursuit en identifiant le Yayin HaMeshoumar comme suit:

10 Mais Eloah nous l’a révélé par son esprit, car l’esprit pénètre tout, même les profondeurs d’Eloah.
11 Car qui est le fils de l’homme qui sait ce qu’il y a dans un fils de l’homme, si ce n’est l’esprit du fils de l’homme qui [est] en lui ? De même, ce qui est en Eloah, nul ne le sait, si ce n’est l’Esprit d’Eloah.
12 Or nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’esprit qui vient d’Eloah, afin que nous connaissions les dons qui nous ont été accordés par Eloah ;
13 desquels aussi nous parlons, non pas selon l’enseignement des mots de la sagesse des fils d’hommes, mais selon l’enseignement de l’esprit, et c’est à des hommes spirituels que nous comparons les choses spirituelles.
14 Car le fils de l’homme qui est dans la nefesh ne reçoit pas les choses spirituelles, car elles sont pour lui une folie, et il n’est pas capable de connaître ce qui est jugé spirituellement.
15 Or, l’homme spirituel juge de toutes choses, et n’est pas jugé par l’homme.
16 Car qui connaît la pensée de YHWH pour l’instruire ? (Es. 40:13) Mais nous, nous avons la pensée du Messie.
(1Cor. 2:10-16)

Paul identifie le Yayin HaMeshoumar avec les « paroles de sagesse » (2:13) ainsi qu’avec la « pensée de YHWH » ou la « pensée du Messie » (1Cor. 2:16) et avec les « dons » spirituels (1Cor. 2:10-16) qu’il développera plus loin dans la lettre (1Cor. 12-14).

Ainsi, la prochaine fois que vous prendrez part à la coupe de la rédemption lors du sédèr de Pessa’h, réalisez que cette coupe symbolise le Yayin HaMeshoumar, le vin qui a été conservé depuis les six jours du commencement, le sang de l’agneau immolé depuis la fondation qui a été caché, mis à part et préparé pour ceux qui l’aiment. Il ne s’agit pas seulement du sang de la nouvelle alliance, mais aussi de l’esprit de YHWH et des dons spirituels qu’il a préparé pour nous.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.

L’apparition de Yeshoua à Ya’akov

Traduit de James Scott Trimm

Nous lisons dans 1Corinthiens15 :

[2] …Car je vous ai transmis avant tout ce que j’ai reçu moi-même, à savoir que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ;
[4] qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures :
[5] et qu’il a été vu par Céphas, puis par les douze :
[6] Après cela, il fut vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont restés jusqu’à ce jour, mais dont quelques-uns se sont endormis.
[7] Après cela, il fut vu par Jacques, puis par tous les apôtres.
(1Cor. 15:2-7 traduit de la KJV)

Dans son « Jewish New Testament Commentary », David Stern écrit à propos de 1Cor. 15:7 :

L’apparition de Ya’akov (Jacques), …n’est pas mentionnée ailleurs dans le Nouveau Testament mais est rapportée dans un des livres apocryphes, l’Évangile selon les Hébreux…
(Commentaire du Nouveau Testament juif par David Stern 1Cor. 15:7)

Qu’est-ce que l’Évangile selon les Hébreux ? L’Évangile selon les Hébreux était un ancien évangile apocryphe, perdu, qui était utilisé par les anciens Nazaréens, les premiers adeptes de Yeshoua en tant que Messie.

Le « Père de l’Eglise » du troisième siècle, Eusèbe, a écrit à propos de ce document :

« Et parmi eux [les livres douteux], certains ont placé l’Évangile selon les Hébreux qui fait le bonheur particulier de ceux des Hébreux qui ont accepté le Messie. »
(Eusèbe ; Hist. Eccl. 3:25:5)

En parlant des Ébionites, Épiphane appelle l’évangile selon les Hébreux « leur Évangile » (Pan. 30:16:4-5) et Jérôme y réfère en tant que « l’Évangile que les Nazaréens et les Ébionites utilisent » (Sur Mat. 12:13). Le document proprement dit a été perdu, mais environ 50 citations de ce document sont conservées dans des citations des soi-disant « Pères de l’Église » et d’autres commentateurs, même au Moyen Âge.

L’érudit du vingtième siècle Hugh Schonfield a écrit au sujet de cet évangile perdu :

« L’Évangile selon les Hébreux est un hors-la-loi littéraire dont la tête est mise à prix ; mais malgré les cris des chercheurs, il échappe encore à la capture. Ni les bibliothèques monastiques ni les tas d’ordures égyptiens n’ont jusqu’à présent livré une seule feuille de cet important document…..
Car derrière les Hébreux se cachent les potentialités inconnues de la tradition nazaréenne, qui peuvent confirmer ou contredire certaines des croyances les plus chères au christianisme orthodoxe. Il est inutile que certains théologiens qualifient les Hébreux de « secondaires » sur la base des présents vestiges fragmentaires conservés en citation. …
Si l’on en juge par le seul témoignage antique, il est indiscutable que, de tous les Évangiles, c’est celui qui a le plus de droits à être considéré comme une authentique production apostolique ;…
Voici manifestement un témoin des plus précieux, peut-être le témoin le plus précieux de la vérité sur [Yeshoua]… que même un jury composé uniquement de chrétiens orthodoxes ne pourrait mépriser, et qui devrait être traduit en justice. Mais le témoin a disparu, et tout ce que nous avons, ce sont quelques déclarations rapportées qu’il a faites il y a longtemps…
…on peut soutenir qu’il y a eu une dépendance non pas de [l’évangile des] « Hébreux » sur les Synoptiques mais vice versa – que [l’évangile des] « Hébreux » a été l’une des sources auxquelles un ou plusieurs d’entre eux ont puisé ».
(Hugh Schonfield ; Selon les Hébreux ; 13-18)

Le « Père de l’Église » du quatrième siècle, Jérôme, cite un compte rendu du dernier Seder de Pessa’h de Yeshoua, dans l’Évangile selon les Hébreux :

L’évangile appelé selon les Hébreux, récemment traduit par moi en grec et en latin, qu’Origène utilise souvent, dit aussi après la résurrection du Sauveur : Or le Seigneur, après avoir donné le linge au serviteur du prêtre, alla vers Ya’akov et lui apparut. (car Jacques avait juré de ne plus manger de pain depuis l’heure où il avait bu la coupe du Seigneur jusqu’à ce qu’il le voie ressuscité d’entre les morts). Un peu plus loin, le Seigneur dit : Apportez une table et du pain. Et aussitôt il est ajouté : « Il prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à Ya’akov HaTzadik et lui dit : « Mon frère, mange ton pain, car le Fils de l’homme est ressuscité du milieu de ceux qui dorment ».
(Jérôme ; Sur les hommes illustres, 2)

Nous avons ici préservé pour nous cet ancien récit nazaréen de l’apparition de Yeshoua à Ya’akov auquel Paul fait référence dans 1Cor. 15:7, afin que nous, nazaréens de la restauration, puissions à Pessa’h réfléchir à cette nouvelle information que nous avons sur le Pessa’h de Yeshoua et sa résurrection.

Nous remercions James Trimm pour son œuvre de restauration nazaréenne, et vous invitons à visiter son site anglophone www.nazarenespace.com et à le soutenir dans son œuvre.